Billy débarqua au niveau -1 d'un pas assuré, sans paraître franchement déstabilisé par le côté presque oppressant de Big Brother Esper qui surveillait tout. Lorsqu'on est croyant, on s'est depuis longtemps habitué à l'idée d'être observé même dans les situations les plus intimes. Il connaissait bien l'étage, pour s'y être rendu à plusieurs reprises pour de précédentes affaires, aussi ne mit-il pas énormément de temps à trouver le bureau de Jango. Il avait néanmoins pris dix minutes pour débattre avec un collègue Ecossais croisé au détour d'un couloir, qui maintenait fermement que si, les Leprechauns étaient des démons, et qu'il était aberrant qu'il ne les mentionne pas dans ses rapports et apparitions télévisées. Il était inconcevable pour le Prêtre qu'un petit bonhomme en salopette verte, roux et vêtu d'un haut de forme soit un démon. Pas tant qu'il n'en aurait pas vu de ses propres yeux, en tout cas.
Celà pouvait paraître un peu étrange pour un religieux, mais Billy avait pour habitude de ne croire que ce qu'il pouvait voir, sauf rares exceptions (il n'avait jamais croisé Riaell en personne, ni même un démon majeur biblique, bien qu'il en soupçonne un de s'être incarné en son cousin Harry). Evidemment, à l'APO, on finissait toujours par voir ce à quoi on croyait le moins. Il n'empêche qu'il ne croyait pas aux Leprechauns. Et le petit agent avec son gros nez, sa barbe rousse et ses habits verts qu'il croisait parfois dans les couloirs à déposer des trèfles partout en buvant de l'alcool n'avait rien d'un Leprechaun. D'abord.
Bref. Il s'était arrêté devant la porte du bureau de Jango, histoire de vérifier un instant sa présentation. Non pas qu'il soit si maniaque, mais il tenait à ce que ses cheveux soient parfaitement bien agencés avant une entrevue, et ce, même si la personne qu'il devait voir était en réalité un Loup Garou. Deux petits coups secs contre la porte, et il lança, sans ouvrir pour autant, mais assez fort pour se faire entendre :
"J'ai cru comprendre qu'on avait besoin de main d'oeuvre pour trouver une salle trop volatile ?"
"Mais de là à voir se présenter le dindon du coin..."
Derrière Billy, adossé au mur avec une tasse de café noir à la main, le Loup Garou en question dévisageait l'ecclésiaste punk avec circonspection. Jango n'aimait pas ce nouvel agent, bien trop flashy pour n'importe quelle tâche en rapport avec son département. Aussi le voir arriver, tout bien présentable (à sa maniére), devant son bureau, avait tendance à rendre le loup plus incisif que d'habitude. Profitant de l'instant de silence laissé par sa remarque, il en profita pour se brûler la langue d'une gorgée du liquide amer... Légèrement cramé... Ca aurait pu être meilleur.
"Enfin bon... J'pensais que vous seriez deux ou trois à vous présenter... Vas y entre c'est ouvert..." A l'intérieur, le bureau de Jango, une sorte de salle double avec une séparation vitrée entre les deux. Deux bureaux à l'intérieur. Un pas loin de la porte, et un autre tout au fond, dans une salle boisée et bien éclairée. Le reste du bureau était garni d'étagères à dossiers de toute sortes et d'un aquarium où se mouvaient deux sortes de poulpes mauves. On sentait l'organisation policière et l'odeur du tabac froid. A la suite de Billy, Jango rentra d'un pas nonchalant, laissa tomber les dossiers sur le bureau prés de la porte et en attrapa rapidement un autre, petit dossier jaune fermé par un ruban.
"C'est pour la B23, hein ? Normalement, Alexander devrait passer aussi. J'sais pas si tu le connais..." A coté du bureau sur lequel Jango était assis, une sorte de projecteur. L'ex policier l'alluma et sortit du dossier deux photos qu'il posa sur le socle de l'appareil. Sur le mur en face, deux photos en noir et blanc. Un bout de couloir avec une porte, et le même bout de couloir sans porte cette fois. Le loup garou donna le dossier jaune à Billy avant de commenter.
"J'imagine que tu as lu l'email que j'ai mis aux annonces. Avant de lire les quelques témoignages du dossier, et au vu de ces deux images... Et en attendant qu'Alexander arrive... Aurais-tu une première idée sur l'explication de ce phénomène ?"
Jango pris une autre gorgée de café, histoire de laisser la parole à l'exorciste.
L'APO, c'était chouette. C'était grand. C'était beau. Mais surtout, le château n'avait pas la taille d'une coquette maison de campagne, et il ne suffisait pas de demander poliment au maître de maison où se trouvait les lieux d'aisance. Néanmoins, comme Alexander n'était pas la moitié d'un imbécile, il se repéra grâce aux plans d'évacuation en cas d'incendie -ou d'autres dangers (incroyable, les normes de l'Union Européenne s'appliquent même ici !!) et fini par s'orienter dans ces couloirs qui se ressemblaient tous -quand on sait, en plus, qu'il y a des salles qui se baladent...! Comme il empruntait les escaliers pour se rendre au niveau -1, il croisa un agent, un écossais lui semblait-il, qui paraissait quelque peu désarçonné. Ce dernier l'aborda, et lui demanda très sérieusement si, d'après lui, les léprechauns étaient ou non des démons. L'ancien avocat sourit poliment, avant de répondre après une courte réflexion, "que du point de vue grec du terme, les démons sont des génies bons ou mauvais, et par conséquent, l'on pouvait admettre les léprechauns dans cette case. De plus, selon la tradition grecque, les démons sont l'opposé des anges, et donc pourvu de vices. Les léprechauns étant avares, on peut les taxer de vice et les ranger dans cette catégorie-là." L'écossais, triomphant, se retourna dans les escaliers pour hurler un "VOUS VOYEZ J'AVAIS RAISON !!" à une personne qu'Alexander ne pouvait apercevoir. Maître Fuchs sembla trouver cette réaction plutôt intéressante, et avant de relâcher l'agent préoccupé par les lutins, il lui demanda confirmation quant à la direction pour trouver le bureau du sieur Jango Karn.
Après avoir obtenue sa réponse ("troisième porte à gauche") et l'avoir remercié avec courtoisie, le jeune homme se dirigea vers le bureau en question. La porte était entrouverte, et à l'intérieur se trouvait déjà deux personnes. La première, c'était ce type qu'il avait vu une ou deux fois à la télé. Un grand type maigre. Alexander chercha rapidement dans sa mémoire ce qu'il savait sur lui. Pas d'opinion spécifique, il faudrait le connaître avant de juger. Quant à la seconde personne, il le reconnu comme le fameux Jango. Machinalement, l'ex-avocat remit en place ses lunettes et lissa sa chemise avant de toquer deux coups discrets à la porte.
"Excusez-moi, c'est bien ici qu'il faut s'adresser pour la... B23 ?"
Il affichait un sourire amène, et l'on aurait plutôt songé qu'il allait en pique-nique plutôt qu'à la chasse à la salle fantôme.
"Non, ici c'est pour le pot de départ de Katerina... Évidemment que c'est ici, la B23. Allez rentre !" répondis machinalement un Jango désabusé par les choses.
En elle même la salle n'avait pas beaucoup changé comparée au post précédent. Billy tenait un mince dossier jaune dans les mains et Jango buvait machinalement un café qui commençait doucement à tiédir. Celui ci regarda Renart d'un air fatigué, comme pour le jauger. L'avocat avait un bon esprit de raisonnement, plus académique, moins déluré que l'ecclésiaste. En ce sens Jango l'appréciait un peu plus que le punk (mais pas trop non plus).
"Même question que pour Billy..."
Il pointa de la tasse les deux photos projetées sur le mur.
"Supposant que tu ais lu l'email et que tu y ais un peu réfléchi avant de venir. Quel est ton premier avis sur le problème ?.. Juste pour voir."
A demi assis sur le bureau, il jaugea les deux agents par dessus sa tasse à café.
Alexander ne releva pas la remarque blasée de Jango, et entra d'un pas calme et assuré. D'un coup d'œil rapide et discret, il inspecta la pièce (en même temps, il n'allait pas l'inspecter à coup de pieds.) Il hocha la tête en direction du punk pour le saluer, et reporta son attention sur ce qui l'entourait. Son regard fut immédiatement capté par les deux diapositives projetées au mur. Un bout de couloir avec ou sans porte. La porte en elle-même n'avait rien de remarquable. Maître Fuchs s'avança pour tenter de distinguer quelques détails qui lui auraient échappé. Mais non, rien. C'était une porte des plus banales. Sauf qu'elle donnait sur une pièce qui se baladait. Et ça, ça l'était beaucoup moins.
Le loup-garou lui demanda si il avait une hypothèse. Une lueur d'amusement passa dans les yeux vert émeraudes de la nouvelle recrue, mais disparu bien vite. Ce type devait s'attendre à entendre toute sorte de conjectures débiles. Peut-être que lui aussi était facilement lassé et recherchait une source de dérision. Bien sûr, Alexander y avait réfléchi rapidement, et selon ses maigres connaissances, cela allait de soi. Il jeta un bref coup d'œil à....Billy, oui, il lui semblait qu'il s'appelait comme ça, même si dans les talks-shows on s'ingéniait à lui donner des surnoms que l'on voulait effrayant et qui pouvait ressembler à un nom de bande de bikers - c'est-à-dire ridicules... Il fut le premier à prendre la parole, et tant pis si il lui coupait la parole. Il regarda Jango qui sirotait son café, et, sans ciller, commença sans détour. Il considérait qu'il était prévenu que ce n'était que des bleus pas très expérimentés devant lui, et que par conséquent, leurs propositions n'allaient pas voler haut.
"D'après ce que j'ai compris, la salle a bel et bien été construite à la base, et ne s'est pas crée toute seule. Il faudrait savoir quelle était son utilisation... car on peut partir du principe d'une dérive, d'une expérience ratée ou que sais-je encore, qui fait que cette salle se promène comme bon lui semble. On peut également partir dans la folle théorie du complot avec un agent de l'APO déçu qui aurait maudit cette pièce afin de faire perdre du temps aux autres, de les effrayer pour ensuite les rendre fous. Enfin, dernière hypothèse... On connait les voleurs de corps, alors pourquoi pas un voleur de pièce ? Je veux dire, il suffit qu'un esprit un peu détraqué comme il y en a tant possède les murs de cette salle pour défier quelques lois de la physique. Et la salle se balade car l'esprit en question est parano et a peur des humains. Par conséquent, la salle fuit les présences humaines."
L'ancien avocat venait de déballer toutes ces suppositions sur un ton très sérieux, son visage restant imperturbable. Le cerveau d'Alexander resterait un mystère : les idées les plus folles côtoyaient les thèses les plus rationnelles. ... C'était peut-être pour ça qu'ils l'avaient engagé.
Pour une fois, Billy s'abstint de faire un commentaire déplacé sur l'amour profond que devait lui porter Jango pour l'affubler d'un nom de volaille aussi succulente. Il avait envie d'être sur le coup, concernant l'affaire de la salle, et comptait bien s'en donner les moyens. Après tout, il n'ignorait pas que son entrée à l'APO n'avait pas fait l'unanimité, et même si se faire mépriser à cause de son comportement ou son apparence l'amusait énormément, il ne tenait pas à ce que l'on doute de ses compétences d'Agent au sein du chateau. Cette affaire serait une bonne occasion pour faire ses preuves.
Entré dans le bureau, il n'eut pas vraiment le temps de commenter ce qu'il pensait de l'affaire, que déjà un autre pigeon frappait à la porte. Oui, Billy se considèrait aussi comme un pigeon dans l'histoire : ils avaient besoin de monde pour régler cette affaire, et n'avaient pas fait appel en particulier à la fine fleur de l'agence. Juste une annonce sur un mur, adressée à qui voulait bien s'en occuper. Puis, le truc avec le paranormal, c'est que l'on en ressortait souvent avec des bouts en moins, ou le cerveau légèrement moins fonctionnel qu'à l'entrée.
Billy n'avait pas connaissance de cet agent, là, Fuchs, et le dévisagea avec un peu trop d'insistance, zappant par-là même le fait qu'une question lui avait été posée. Tant pis, l'autre avait déjà sauté sur l'occasion pour balancer ses hypothèses, et il se surprit à les écouter. Bien entendu, une malédiction d'un quelquonque agent. Un peu trop propre sur lui-même, quand même. Oui, la théorie de la possession n'était pas à négliger, et il y avait songé aussi. En déchirant sa jolie chemise et en le décoiffant un peu, il serait sûrement plus attirant. Un esprit peureux, peut-être, mais ça ne concordait pas assez à son goût. A demi-nu et recouvert de sang de poulet ? Non, ça ne conviendrait pas au personnage. S'arrachant à sa rêverie/analyse, Billy prit enfin la parole, portant l'index à sa lèvre inferieure, dans une mimique presque innocente.
-J'avais songé aussi à la pièce possédée, celà dit...
Il plissa les yeux, observant les photos du couloir avec plus d'attention.
-On croirait plutôt que la pièce... essaye de se faire remarquer. Comme si elle voulait qu'on la voit, et qu'on ne la remarque plus ensuite. Comme si tout ça était, disons... intentionnel. Mais là, on arrive à la question "pourquoi?", c'est étrange, tout de même. Est-ce que quelqu'un aurait pu entrer dans cette pièce y a un bail, et y rester enfermé ? Quelqu'un qui tenterait tant bien que mal de nous faire remarquer cet endroit, mais n'arriverait pas à avoir assez d'influence dessus pour pouvoir le faire rester dans le même lieu ? Ca pourrait être aussi une entité qui s'amuse à jouer à ce petit jeu pour titiller nos nerfs. Mais là encore, dur à dire.
Enfin, le prêtre croisa les bras, reportant son regard vers Jango.
-Je suppose que vous avez plus d'informations au sujet de cette pièce que ce que vous avez laissé voir de votre conversation via e-mail. Ca serait sans doute plus simple pour nous d'avoir tout ce qu'il est possible de savoir à c'sujet plutôt que de lancer des idées avec le peu d'infos qu'on a.
Après avoir écouté les deux agents, bombardés enquêteurs le temps d'une mission, Jango pointa du doigt Alexander.
"Le soucis, Alex', c'est qu'il n'y a aucune mention d'une quelconque salle B23 dans les plans du château... Alors, je ne dis pas que nous les ayons tous, étant donné que le château et les complexes souterrains ont été largement modifiés au fil des siècles, mais si Aaron et Vayne disent qu'il n'y en a aucune mention dans les archives, on peut leur faire confiance... Ce qui nous ramène donc à une question existentielle..."
Le doigt accusateur bougea et se pointa sur Billy.
"Pourquoi est-ce qu'une salle qui n'existe pas, existe ? Des gens l'ont vu plusieurs fois, à plusieurs endroit. D'autres ne l'ont vu qu'une seule et unique fois. D'autres en ont un vague souvenir... Certaines personnes ne l'ont également jamais vu... J'en fais parti. Si il n'y avait pas la photo d'un agent pour me montrer cette porte, je n'y croirais pas encore aujourd'hui... La seconde photo est de moi d'ailleurs... Bref, penser que la salle 'souhaite' se faire remarquer n'est pas une si bête idée que ça."
Il rapprocha la tasse de ses yeux... Plus de café... Zut. Posant, dépité, la tasse sur le bureau à coté de lui, il reporta son attention sur les deux agents.
"Quand on commence à parler de choses qui existent ou n'existent pas, ici, on pense souvent à l'invisible et à l'immatériel. Parce que le phénomène est aléatoire, Aaron a préféré contacter celui qui s'y connait le plus en choses bizarres... Camille et son crétin de lapin sont passés un peu avant vous pour prendre une rapide connaissance du dossier. Etant donné que vous allez travailler avec les deux énergumènes, j'ai préféré vérifier que, d'une certaine maniére, vous vous entendrez... Je pense que ça ira."
Un fin sourire apparu subrepticement sur le visage de Jango mais disparu bien vite. Il pointa du doigt le dossier.
"Sérieusement, on n'a pas grand chose d'intéressant dans le dossier. La foule de témoignages que nous avons n'ont que quelques points communs : - La salle peut apparaitre partout dans la base, dés qu'un mur est disponible. - Elle n'est pas marquée, c'est une porte comme les autres. - Elle peut disparaitre tout aussi subitement qu'elle est apparue - On la voit souvent au niveau -1, d'où son nom de salle de Briefing 23... On a 22 salles de briefing, ici...
Camille m'a sorti tout un blabla sur l'inexistencialité des objets quotidiens duquel je n'ai rien compris. Il est parti ensuite en courant, me disant qu'il avait peut être quelque chose à faire... Il m'a donné ça pour vous..."
Jango sorti une carte de sa poche. Une carte de Tarot. Dessus, sept batons entrelacés. Dessous, des entrelacs celtiques très condensés.
"Il a dit que ça vous servirais à le retrouver... Je n'ai pas compris non plus... Quand il le veut, ce type est un vrai merle blanc. Avec un compère volatile et un renard... Je suis sur que vous allez bien vous entendre..."
Il tendit la carte à Alexander.
"Je n'ai plus grand chose à vous dire... Comme c'est Camille qui a pris le dossier en main tout à l'heure, considérez vous à ses ordres. Essayez de le retrouver dans le centre et voyez avec lui comment gérer ce problème. Vous viendrez me faire un rapport quand vous aurez terminé..."
Jango se redressa sur son bureau.
"Vous avez des questions avant de partir ? Genre des trucs que vous pourriez avoir besoin ?
Aline arriva en trombe dans le bureau juste à ce moment-là. Elle ne connaissait pas encore très bien la base et avait eu du mal à trouver l'endroit. Elle avait demandé à plusieurs personnes par où il lui fallait aller, mais tous avaient eu un avis différent sur la question: "Le bureau de Jango ? C'est au niveau -2, troisième porte à droite en sortant de l'ascenseur." "Le bureau de Jango ? Mais non, c'est au niveau -3, au bout du deuxième couloir sur la gauche." "Le bureau de Jango ? Mais ils ont fumé ! Tout le monde sait bien que c'est au rez-de-chaussée !" Au final, elle avait dû errer un moment dans le complexe avant de finalement trouver par hasard le fameux bureau au niveau -1. Pas étonnant que la salle B23 soit si mystérieuse, si le complexe de l'APO était aussi mal organisé. Dans le fameux bureau, il y avait trois personnes, un homme blond à l'air mystérieux, un jeune garçon aux longs cheveux roses et un homme brun à lunettes. "Oh ! Bonjour. Excusez-moi si je suis en retard. Je viens pour la mission concernant la salle B23. Rassurez-moi, c'est bien ici le bureau de Jango Karn ?"
Jango regarda la nouvelle arrivée avec son œil blasé habituel. Il ne connaissait pas la nouvelle, très fraichement arrivée. Il avait bien lu son dossier, mais à part le fait qu'elle avait été policière avant, elle ne lui inspirait pas encore grand chose.
"En fait, c'est ici la salle B23. Pour le bureau de Jango Karn, c'est de l'autre coté de la base... Je suis Jango Karn et c'est bien mon bureau. J'imagine que tu es Aline, la toute nouvelle que l'on m'as mis dans les pattes. Attrape..."
D'un geste rapide, il jeta le petit dossier jaune à la jeune policière.
"Résumé à l'intérieur, tout ce que j'ai déjà pu dire à tes deux collègues de la journée... C'est Camille Valence qui sera votre supérieur pour cette mission, mais comme personne ne sait ou il est passé, votre première tache va être de le retrouver..."
Jango pointa du menton la carte de Tarot dans la main d'Alexander.
"Avec ça... Connaissant Camille, ça veut certainement dire quelque chose, mais de là à savoir quoi... Enfin bref... Vous pensez avoir besoin de quelque chose avant d'y aller ? Au pire, comme vous risquez de rester dans la base, vous pourrez toujours aller chercher du matériel au moment opportun... Pas besoin d'autorisations pour ça."
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