C'est fou ce qu'on peut trouver au détour d'un couloir...
_Bordel!
Vous vous demandez sans doute ce qui pousse notre(beau et fantastique) héros à dire de telles choses dès le début de ce texte. Et bien, sa seconde phrase aidera beaucoup à éclaircir le pourquoi du comment du premier mot. _AH! Je retrouve plus ma chambre, c'est gigantesque ici... Voila...plus d'explication? Bon, d'accord. A vrai dire, après avoir découvert sa chambre, et l'avoir redécorée en partie avec des photos agrandies de jeune femmes peu vêtues, le jeune homme avait pour ainsi dire une grosse faim. Et c'est dans le but d'assouvir ce besoin qu'il s'était donc décider à rejoindre la cantine mais Florence, la coquine, ne lui avait donné aucun plan au moment de partir en lui lançant une réplique assassine("J'espère que tu vas mourir en te perdant dans les couloirs") totalement ironique bien sur. Cependant, le canadien commençait à croire peu à peu que l'humour de son guide allait devenir prémonitoire tant son ventre criait famine alors qu'il ne savait toujours pas où il était. A vrai dire, tout n'était pas la faute de la jeune femme, pas de celle-ci en tout cas, car alors qu'un petit panneau indicatif indiquait la cantine Aaron eu la chance, momentanée certes mais chance quand même, d'apercevoir au loin de jolies courbes rebondies appartenant sans aucun doute à une charmante demoiselle qui n'aurait rien eu de mieux à faire que d'aider notre pauvre héros et de lui quémander quelques paiements en nature pour le service rendu. C'est donc dans cette optique que, n'écoutant que sa virilité émoustillée, le nouveau venu à l'APO décida de suivre la jolie fille qui disparaissait déjà au détour d'un couloir tortueux. Hâtant donc le pas afin de la rejoindre au plus vite et n'écoutant que son stupide instinct et son flair, équivalent à un radar à femmes esseulés en manque de tendresse, qu'il s'engouffra sans peurs et sans doutes dans le labyrinthe qui s'offrait à lui. Bien mal lui en prit, son instinct toujours aussi stupide et son flair finalement aussi efficace que celui d'un anosmié le conduire jusqu'à une impasse qui, bien que donnant sur une vue fantastique de la foret entourant le château, ne l'aidait pas le moins du monde dans sa quête de nourriture, physique, spirituelle ou encore physiologique. En bref, il avait erré dans les couloirs durant un bonne heure et tout ça pour rien.
Comble du malheur, cette heure de perdue s'ajouta à deux autres heures qui l'amenèrent finalement jusqu'au moment fatidique de son lâché d'insultes décrit plus haut.
Mais finalement comme la vie n'est qu'une suite d'évènements parfois répétitif, Aaron eu une nouvelle surprise au détour d'un autre couloir. En effet, alors qu'il pestait intérieurement contre à peu prêt tout et n'importe quoi en imaginant de superbes femmes en tenues d'ève et recouvertes de divers plats alléchant il sentit quelque chose lui rentrait dedans, légèrement en dessous des pectoraux pour être plus précis. Un sourire mêlant satisfaction et surprise se format sur son visage, ses dernières pensées moroses s'effacèrent pour ne laisser que les visions plaisantes, son bras se tendit pour porter assistance à l'impudent qui lui était rentré dedans et qui s'avérait finalement être une jolie plante désormais au sol. La chance était de retour.
_Je vous prie de m'excuser, commença Aaron, je ne vous avez pas vu. Vous ne sauriez pas où se trouve la cantine par hasard? Sourire gêné et air timide de rigueur associés à une main grattant l'arrière du crâne afin de jouer la gêne jusqu'au bout et lui donner cet air d'ours en peluche qui plaisait tant aux dames. Ah, oui, ne pas oublier de se présenter.
_Je m'appelle Aaron, encore désolé...
C'est fou ce qu'on peut trouver au détour d'un couloir...
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Re: C'est fou ce qu'on peut trouver au détour d'un couloir...
Aline marchait calmement dans le couloir pour regagner sa chambre après son entraînement au tir. La chaleur de son pistolet encore fumant sous son aisselle la rassurait et elle avait atteint la sérénité absolue...ainsi que sa cible. Elle n'avait rien perdu de sa précision. Elle venait de réexécuter l'exploit qui lui avait vallu le titre de meilleure gâchette du commissariat...juste devant son futur ex-petit ami. Comme au commissariat, après qu'elle eut vidé son chargeur, le responsable du stand de tir s'était moqué d'elle en voyant le trou unique au centre de la cible. Puis lorsqu'Aline avait ramené la cible, elle lui avait montré que le trou était trop large pour être celui d'une simple balle de neuf millimètres. Il n'en avait pas cru ses yeux ni ses oreilles. -T...tu ne veux pas dire que... -Si, les quinze dans le même trou ! L'homme en avait été vert et n'avait plus dit un mot avant le départ de l'ex-flic. C'est donc sur cette victoire qu'Aline était sortie. Elle retournait maintenant dans ses quartiers pour sa sieste. Un an plus tôt, quand elle était sur les traces d'un serial-killer spécialement difficile à attrapper, elle avait pris l'habitude de ne dormir que 6 heures par nuit, et n'avait jamais réussi à dormir plus. En même temps, avec toutes les cafetières qu'elle avalait chaque jour pour stimuler ses capacités mentales...son organisme avait sans doute muté. Et soudain, BOUF ! Un énorme type la percuta de plein fouet au coin d'un couloir. Aline fut éjectée et atterit douloureusement sur les fesses. Qui était donc l'idiot qui avait construit ces couloirs en béton armé ? Et qui était donc l'idiot qui fonçait sans regarder devant lui ? Aline regarda et vit un grand type blond qui la regardait en souriant un peu bêtement.
-Je vous prie de m'excuser, commença Aaron, je ne vous avez pas vu. Vous ne sauriez pas où se trouve la cantine par hasard? -La cantine ? balbutia-t-elle. C'est à l'opposé ! -Je m'appelle Aaron, encore désolé... -Su...super ! Moi c'est Aline, et...vous devriez peut-être passer un examen de la vue à l'infirmerie.
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Dernière édition par Emillie Wolf le Dim 27 Sep 2009 11:58, édité 1 fois.
Re: C'est fou ce qu'on peut trouver au détour d'un couloir...
Le rire tonitruant d'Aaron empli alors tout le couloir et peut être même jusqu'à la foret alentour. Il faut dire que celle là était bien bonne, des problèmes de vues alors qu'il n'était pas assez vieux pour être presbyte et qu'il n'avait pas jamais était myope. Quelle ineptie. Cette femme ne se rendait pas compte de la difficulté de voir les gens dans les couloirs, surtout quand ils était tortueux, lorsqu'on était de grande taille, ce qu'il s'empressa d'expliquer à cette Aline.
_Des problèmes de vue? Ça me semble très improbable ma chère, dit Aaron un sourcil légèrement relevé avant de continuer prestement, et puis comme pour beaucoup de choses il faut être deux pour se rentrer dedans.
Nouveau sourire, air amusé par la situation, c'est important ça et puis c'est surtout naturel chez Aaron, l'air amusé, pas le sourir quoi que...Le fait est que celle qui l'accompagne désormais semble de bien mauvaise humeur, ça arrive et le canadien le comprend même si le fait de s'en prendre à un bellatre comme lui peut sembler une réaction excessive mais il espérait bien que son propre charisme, sa prestance naturelle ainsi que son humour à décalquer un élan aller remettre la jeune femme sur la voie du sourire et de la gaieté.
C'est alors, afin de prévenir qu'il allait dire quelque chose d'une importance capitale, qu'il leva le doigt l'air de dire "ça me fait penser que" mais son geste fut arrêté par un bruit lointain, un bruit venant sans aucun doute d'un monstre démoniaque, un bruit qui ne faisait que se rapprocher des deux agents, un bruit qui glaça le sang d'Aaron... (hrp: désolé pour l'attente et la taille, j'ai repris les cours cette semaine et j'ai du mal avec la non-pnjisation)
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Re: C'est fou ce qu'on peut trouver au détour d'un couloir...
-Des problèmes de vue? lança l'homme. Ça me semble très improbable ma chère, dit Aaron un sourcil légèrement relevé avant de continuer prestement, et puis comme pour beaucoup de choses il faut être deux pour se rentrer dedans.
Aline choisit de ne pas relever l'allusion. Elle se contenta de lui rendre son sourire idiot en se relevant. Le dénommé Aaron lui semblait plutôt frimeur, il faudrait qu'elle pense à le remettre à sa place à l'occasion. Ses capacité de réflexion lui permettaient facilement d'en apprendre plus sur certaines personnes, puis d'utiliser à son avantage ce qu'elle apprenait. Quand elle était dans la police, elle était ainsi parvenue à tenir en laisse un collègue particulièrement macho en le menaçant de révéler à tout le monde qu'il avait fait pipi au lit jusqu'à 18 ans. Et ce grand type ? Que pouvait-il bien avoir à cacher ?
-Bien, suivez-moi, je vais vous y conduire, à la cantine.
Elle lui fit signe de la suivre et prit la direction de la cafétéria. En marchant elle resta d'abord silencieuse, puis elle ne put résister à l'envie d'en savoir plus sur Aaron.
-Alors ça fait longtemps que vous faites partie de l'APO ? Dites, avec votre accent, vous ne seriez pas québécois ? Vous avez de la famille ? Une petite amie ? Des enfants ?
Re: C'est fou ce qu'on peut trouver au détour d'un couloir...
Les deux jeunes gens marchaient en silence dans les couloirs du château en direction de la cafétéria, c'est d'ailleurs pour ça qu'Aaron était calme son estomac ayant pris la mesure de ses pulsions envers le beau sexe dont la jeune femme était l'actuelle représentante. De plus, il semblait être le seul à avoir entendu un bruit suspect, ce qui l'inquiétait un peu mais bon. C'est à ce moment que la jeune femme choisit de poser quelques questions pour le moins personnelle au canadien. -Alors ça fait longtemps que vous faites partie de l'APO ? Dites, avec votre accent, vous ne seriez pas québécois ? Vous avez de la famille ? Une petite amie ? Des enfants ?
_Woh...du calme ma petite dame, vous êtes de la police ou quoi? Donc dans l'ordre, non je ne suis pas à l'APO depuis longtemps et je pense que le fait que je ne trouve pas la cafet le prouve, ensuite, non pas québécois, canadien nuance somme toute importante. Il sourit de nouveau, réfléchissant en même temps à ce qu'il pouvait lui dire ou non, c'était privé après tout et cela ne faisait pas suffisamment longtemps qu'il la connaissait pour commencer à parler de son passé si ce n'est les choses évidentes comme d'être canadien. Qu'a cela ne tienne, elle voulait des réponses, elle les aurait mais ce ne serait pas gratuit, Aaron souhaitant lui quelques compensations. Il resta donc sceptique quelques instants avant de lancer en toute désinvolture et sur un ton légèrement humoristique(ne jamais négligé l'humour):
_Pour ce qui est de la famille et le reste, je vous échange ces réponses en échanges de quelques petites informations à votre sujet ou quoi que ce soit d'autre qui puisse m'intéresser. Alors? Après tout, qui ne tente rien n'a rien, non? Et puis le fait qu'elle pose autant questions était surement la manifestation verbale de son insoutenable attirance physique pour le géant, celui-ci n'en doutait pas le moins du monde, après tout il comprenait lui aussi s'il était un femme ne pourrait pas résister à sa propre personne.
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Re: C'est fou ce qu'on peut trouver au détour d'un couloir...
-Des informations à mon sujet ? Mmh... C'est de bonne guerre. Par contre, vous n'apprendrez rien si vous continuez de regarder ma poitrine. Quant à mes fesses, j'ai toujours le petit doigt du dernier qui y a posé la main.
Aline toisa d'un regard noir ce Don Juan canadien tout en disant ça.
-Pour commencer vous avez raison, avant de rejoindre l'APO j'étais inspecteur de police. J'ai résolu de nombreuses affaires, je suis une excellente tireuse, une bonne athlète et je me défends plutôt bien dans les interrogatoires musclés. J'ai 22 ans, je chausse du 39, j'ai une soeur aînée et mon petit ami est mort il y a un an. Ce la vous suffira-t-il ?
A peine Aline eut-elle achevé sa phrase qu'un burit se fit entendre, une sorte de galopement lointain.
-C'est quoi, ça ?
Le bruit se rapprochait progressivement. En fait, on aurait dit le bruit de milliers de petites pattes. Cela venait d'une portion de couloir assombrie par les lampes qui avaient été cassées par des membres...ou plutôt un seul membre de l'APO particulièrement délicat. Aline recula d'un pas en posant la main sur son holster.
Re: C'est fou ce qu'on peut trouver au détour d'un couloir...
D'après ses réponses la jeune femme devait être une vrai tigresse et même si habituellement Aaron préférait les filles faciles ou perdu qu'il était aisé d'entraîner dans ses filets, il devait avouer que la perspective de relever le défi d'une personne autant sur la défensive le bottait bien. A vrai dire, il fut plus refroidit par la déferlante d'informations qu'elle lui balança que par son numéro d'intimidation, le côté ancien flic peut être...ou bien le petit ami mort. Qui donne autant d'informations dès la première rencontre, cette fille devait sans aucun doute être complètement cinglée et son regard noir n'avait rien pour rassurer le candien. Non vraiment, les filles faciles sont beaucoup plus...ben facile tiens, c'est peut être pour ça qu'on les appelle ainsi. Mais le challenge était toujours là et le géant ne pouvait pas échouer avec la première proie qu'il rencontrait au détour du chemin sans une bonne excuse et malheureusement une fille farouche n'était pas un obstacle insurmontable, loin de là. Il le surmonterait et ressentirait la satisfaction que ressentit par le passé ceux ayant gravit les plus haut sommets du monde, voilà il serait l'alpiniste de l'amour, allant de sommet en sommet en n'écoutant que son courage et sa témérité...
Enfin c'était avant que l'étrange bruit ne parvienne à ses oreilles, vous savez ce son bizarre que l'on entend dans les documentaires animaliers lorsque un troupeau de buffle passe au ralenti, et bien à ce moment précis le bruit était presque semblable à cela excepté pour l'intensité, de loin inférieur. Que pouvait donc être la source de ce bourdonnement incessant? Il allait poser la question mais Aline le prit de cours en la lui posant avant. Et sa réponse fut d'une explicité et d'une consistance exceptionnelle grâce à sa prose exceptionnelle.
_Euh... Ouais bon d'accord, c'est minable mais vous pensez réellement que vous auriez fait beaucoup mieux? Et puis faut ajouter l'angoisse de la situation, la présence féminine agréable au regard, le côté nouveau de l'endroit et tout le reste...
De toute façon, il eut la réponse quelques instants plus tard et aurait préféré ne jamais savoir ce qui se cachait derrière le bourdonnement. L'horreur à l'état pur, une incarnation parfaite du mal à travers une multitudes d'yeux injectés de sang et dans lesquels on pouvait apercevoir Satan en personne sourire. Des êtres démoniaques, vils et cruels, des créatures innommables, indescriptibles et terrifiantes. Aaron ne pouvait plus bouger, son sang était glacé dans ses veines, son cerveau sonnait l'alerte sans succès et tout dans son corps lui disait de prendre ses jambes à son cou pour fuir la destruction qu'aller engendre ce qui lui faisait face.
Ce n'est qu'après un effort surhumain que ces quelques mots parvinrent à franchir ses lèvres tremblantes:
_Des...des...des hamsters!!!!
L'instant d'après ses jambes fonctionnaient de nouveau et il courait dans l'autre sens, ne se préoccupant plus le moins du monde de la présence féminine qui l'obnubilai quelques instants plus tôt...
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Re: C'est fou ce qu'on peut trouver au détour d'un couloir...
-Qu'est-ce que... ?
Des hamsters, des centaines, peut-être même des milliers de hamsters qui couraient vers les deux agents. Une vague de fourrure marron et blanche.
-Mais qu'est-ce que c'est que tous ces hamsters ? demanda Aline.
Elle se tourna vers son collègue, attendant une réaction, une explication. Mais il avait déjà pris ses jambes à son cou en hurlant. Aline regarda encore une fois les bestioles qui galopaient dans sa direction. Ca n'avait rien de bien effayant, mais elle eut l'intuition que si la vague animale l'atteignait elle le regretterait amèrement. Aussi se mit-elle à courir sur les talons de son collègue.
-Attendez, espèce de froussard !
En arrivant à une intersaction, le canadien prit le couloir de gauche. Or, Aline n'était pas dans l'APO depuis longtemps, mais elle savait déjà que ce chemin était sans issue. Lorsqu'elle ratrappa l'égaré, il était coincé devant une porte qui refusait de s'ouvrir. A côté se trouvait un pavé numérique nécessitant un code de quatre chiffres. Aline pensait pouvoir ouvrir cette porte sans connaître le code, mais ça prendrait un peu de temps, et les hamsters se rapprochaient. Elle prit un extincteur accroché au mur et le jeta entre les mains de du canadien.
-Retenez-les, je vais essayer d'ouvrir cette porte.
Elle se mit à pianoter frénétiquement sur le clavier, cherchant le bon code. Elle savait que les codes chiffrés changeaient tous les mois selon une suite logique, restait à déterminer le code du mois à partir de celui du mois dernier. Ce n'était pas facile de réfléchir dans ces conditions, mais Aline refusait d'abandonner.
-J'ai pas l'intention de mourir ! Pas comme ça, c'est trop ridicule !
A force de chercher, elle finit par trouver, la porte coulissa alors avec un sifflement pneumatique. Sans perdre un instant, Aline s'y engouffra en tirant Aaron par le bras, puis elle appuya sur le bouton de fermeture. La porte se referma juste avant que les hamsters ne puissent s'y faufiler. Les deux agents étaient dans une salle d'autopsie (il y en avait plusieurs à l'APO), apparement sans issue. Des crissements se faisaient entendre à travers la porte. Le battant de bois aggloméré bien que renforcé ne tiendrait pas longtemps face aux assauts multiples des rongeurs.
-Vous avez une idée pour nous sortir de là ? Ce serait mieux parce que j'ai pas envie de mourir dévorée par des hamsters !
Re: C'est fou ce qu'on peut trouver au détour d'un couloir...
C’est un fait désormais incontournable, Archelaus n’était décidément pas très adroit, voir même pas du tout. Et en voyant le regard courroucé du cuistot, il comprit rapidement que ça allait lui couter cher, très cher. Heureusement, le chef cuisinier, en guise de punition, ne lui demanderait pas de se trancher une livre de chair pour compenser pour toute la pagaille qu’il venait de créer. Et oui, de nos jours, les psychopathes avec de graves problèmes ne courent plus les rues. En même temps me direz-vous ce n’est pas plus mal. Certes, mais la vie est bien plus triste mon bon monsieur.
Toujours est-il qu’il allait être de corvée. Il était tout aussi évident que l’APO n’était pas le genre à faire subir la fameuse « corvée patate » en guise de punition. Bien que, si nous nous penchions un peu plus sur le sujet, nous constaterions très vite que c’est pourtant un parangon de ce qu’on peut appeler une bonne punition, mais ceci est une autre histoire…
Sans un mot, le chef se releva lentement, se recoiffant et s’époussetant mais toujours en fixant Archelaus dans les yeux d’un regard assassin, mais pas au point d’être psychopathe. Il lui tourna rapidement le dos. Les proctologues diraient qu’en un sens il le fixait toujours mais ce débat est légèrement en dessous du seuil de pudeur du lecteur moyen, et en dessous de la ceinture de surcroît.
Les deux yeux du chef revinrent bien vite se poser dans ceux d’Archelaus. Il lui tendit en même temps un pot avec dedans ce qui ressemblait à une sorte de gelée à l’odeur, l’aspect, et certainement au gout, nauséabond. Archelaus fit la moue. Il n’avait aucune envie que le chef lui demande de lever le plateau haut au dessus de sa tête puis de le retourner. Malheureusement, le chef avait d’autres projets pour lui et son pot.
- Dommage pour toi mon bonhomme, aujourd’hui n’était pas un jour à faire le mariole devant moi, ni à me faire renverser ma grande casserole de soupe spéciale du chef en gesticulant partout comme un idiot. Tu vas donc aller à ma place nourrir les expériences ratées du niveau -3.
Au fur et à mesure qu’il parlait, le chef se rendit soudain compte qu’il n’aurait plus à faire cette horrible corvée. Et son ton changea rapidement. Ce qui avait été un borborygme bougon devint très vite une hymne à la gloire et la beauté de la vie. Il prononça les mots « niveau -3 » avec une telle allégresse que n’importe quel quidam moyen passant par là aurait juré qu’on venait de lui annoncer qu’il était papa. Alors que, bien au contraire, il n’avait plus à nourrir de petits monstres, il avait enfin put trouver une excuse pour ne pas devoir le faire.
Toujours sur son petit nuage, il retourna à ses fourneaux allant même jusqu'à pousser la chansonnette d’un air guilleret. Bref, il respirait la joie de vivre, et ça suintait par tous les pores de sa peau, à moins que ce ne soit que de la transpiration. Archelaus tourna lentement les talons, tendant ses bras au maximum pour essayer d’éloigner le plus possible le pot, et son contenu à l’odeur infect, de son nez.
Durant le trajet il fit de nombreuses rencontres et se fit de nombreuses copines. Elles étaient toutes semblables : Noires, avec des yeux globuleux, six pattes et une paire d’ailes. Il n’avait pas été assez idiot pour passer par les grands lieux de fréquentation des autres agents de l’APO. Il arriva finalement au niveau -3 après d’harassants détours, tous plus tortueux les uns que les autres.
- Bonjour ! C’est pour un dépôt dit-il au premier scientifique, et le premier être humain de surcroît, qui croisa sa route. Pourriez-vous m’indiquer où sont stocké les expériences ratées ?
Le jeune scientifique le regarda surprit quelques instants, s’interrogeant sur l’utilisation correcte du verbe « stocker » au vu du contexte, puis lui indiqua avec quelques signes très évasifs la direction à prendre, tentant de s’éloigner en même temps le plus possible du pot que le jeune homme transportait, tout en se pinçant le nez. Inutile de préciser que cela relevait d’un véritable exploit de seulement comprendre ce que le scientifique lui disait. Archelaus prit rapidement congé et s’en alla dans ce qui semblait être la direction que lui avait indiquée le scientifique.
Tenant toujours le pot par la hanse, il progressait lentement dans les couloirs mal éclairés du niveau -3. Il parvint enfin devant une porte avec un écriteau des plus significatifs.
« Attention ! Expériences Ratées. Ne pas allez plus loin si vous n’apportez pas de quoi les nourrir. »
Un écriteau pareil aurait fait fuir n’importe qui de sensé. Mais force m’est d’avouer que Archelaus était tout sauf un être sensé et il apportait des victuailles. A ce stade du récit vous vous demandez sans doute, pourquoi il a obéi au chef sans rechigner, n’essayant même pas de fausser compagnie aux bestioles enfermées derrière cette porte et d’abandonner là le pot peu ragoutant. La vérité, c’est que plus qu’insensé, Archelaus était curieux. Très curieux. Trop curieux. Et il entra donc dans la pièce.
Bien sûr, un panneau menaçant est bien plus dissuasif qu’une quelconque serrure, il n’eût aucun mal à ouvrir la porte donc. Il pénétra ainsi dans une pièce éteinte qui ne fut que très brièvement éclairée par la lumière provenant du couloir. Mais, la porte se referma d’elle-même, plongeant ainsi Archelaus dans le noir le plus total. Les proctologues vous diraient qu’il faisait noir comme dans… Oui bon, inutile de revenir là-dessus. Mais plus encore que la non-image, c’était le bruit qui était le plus inquiétant. Des cris et des hurlements à vous glacer les sangs. Des bruits gutturaux, des crachats ignobles, des bruits de succion à vous faire rendre votre petit déjeuner, en bref une cacophonie à laquelle aucune attribution d’adjectif cohérent n’était envisageable.
Archelaus posa délicatement le pot au sol, prenant garde à ne pas le renverser sans quoi il n’aurait aux yeux des choses contenues ici, plus aucune raison valable de ne pas finir en nourriture. Avançant maladroitement dans l’obscurité les bras tendus loin devant lui, mais pas trop quand même, il essayait vainement d’atteindre une surface dur, en d’autres mots, un mur. Et quand il y parvint enfin, il se mit à la recherche d’un interrupteur, qu’il trouva également, éclairant ainsi la pièce et les cages en plexiglas ou avec des barreaux qu’elle contenait.
C’était de petits animaux pour la plupart. Un scientifique n’est pas encore assez fou pour tester un produit pour stimuler la force ou l’aliénage sur un berger allemand ou un grizzly. Il préfère de loin les petits rongeurs comme un hamster ou une souris. Mais bien que leur petite taille ne leur donne pas un aspect des plus impressionnants, chacun possédait sa particularité qui elle, en revanche, était impressionnante.
L’un possédait une antenne d’un rouge sang qui lui sortait de la tête, un autre était vêtu et coiffé comme un punk, un troisième enfin tournait dans sa cage comme un lion, un quatrième lisait un livre et ainsi de suite. Archelaus remarqua alors un énorme récipient qui reliait toutes les cages les unes aux autres par un système de tuyauterie en plastique. Il comprit rapidement que c’était l’épicentre de la bouffe. Il s’empara donc de son pot et en versa le contenu dans le grand récipient, observant la matière brunâtre couler avec difficulté vers chaque cage. Le phénomène évoquait d’ailleurs des canalisations d’égout obstruées. Mais ce ne fut pas l’avis des hamsters qui commencèrent à se régaler à grands bruits. Ça en était presque mignon.
Archelaus avisa soudain une cage qui contenait deux choses étranges : un hamster parfaitement normal, ce qui, au vu de la situation actuelle n’était pas normal, et une tasse avec sa soucoupe, remplie de ce qui semblait être du thé. Hors, la règle de « Je ne dois pas boire de tasse de thé quand j’ignore son contenu et que celle-ci se trouve dans un endroit des plus louches » ne figurait pas dans la Chartre d’Archelaus. Il défit rapidement le loquet et ouvrit la cage pour aller chercher la tasse dans le but de la boire. Le hamster s’encourut évidement, fier d’obtenir enfin un peu d’air frais et qui n’avait pas un arrière gout de plexiglas.
*De toute façon, songea Archelaus, celui-là était normal*
Grave erreur…
Du bout des lèvres, il aspira une ou deux gouttes du gouleyant breuvage et en vint rapidement à le boire tout à fait, sous l’œil menaçant et avide de vengeance du hamster, qui l’observait de sous une table, tapi dans l’ombre. Il y avait en effet une raison à ce double emprisonnement. Une raison familiale : une relation entre une mère et son fils. Car oui, la tasse de thé et son contenu était également une expérience ratée. D’ordinaire, un hamster n’est pas belliqueux, mais une mère qui vient de voir son fils finir dans le gosier d’un étranger, hamster ou non, bien.
Archelaus, fier de ne pas être venu pour rien, reprit rapidement le chemin du retour, allant même jusqu'à chanter la chanson qu’il avait entendue chanter par le cuistot, ignorant qu’un petit rongeur avide de vengeance le suivait silencieusement. Sournois, il avait prévu de lui mordre un bout de jambe, puis de le manger. Il est évident que sa stratégie n’était pas des plus développée mais un hamster n’est pas reconnu comme étant un très grand stratège. Il lui sauta soudain sur la jambe, essayant vainement d’atteindre sa chaire.
Archelaus sentit soudain un pincement du côté du bas de sa jambe. Baissant la tête, il aperçut un rongeur qui lui mordait le pantalon avec une vigueur, une ténacité et une volonté des plus grandes. D’un geste de la jambe il l’écarta rapidement et poursuivit son chemin s’interrogeant sur l’endroit vers lequel il irait bien maintenant.
Une vingtaine de minutes passèrent quand il entendit un bruit suspect et des plus inquiétants derrière lui. Tournant la tête il aperçut une vingtaine de hamsters qui se dirigeaient vers lui. Il considéra soudain la fuite comme étant la chose la plus intelligente à faire et détala. Il était incapable de se battre contre vingt hamsters à la fois. Et il ne voulait surtout pas en écraser un par inadvertance. Et oui, vous l’aurez comprit, la particularité du hamster était la multiplication. Mais les scientifiques l’ignoraient car, pour qu’il puisse se dédoubler, il fallait qu’il éternue. Hors, dans un laboratoire, il ne fait pas très froid. En revanche, dans des couloirs infestés de courants d’air, un rongeur à de fortes chances d’attraper un méchant rhume.
Tournant et retournant au hasard des couloirs, il arriva devant une porte close qu’il fallait ouvrir avec un code. Calculant rapidement une moyenne algorithmique, il composa ce qui semblait pour lui, être le bon numéro au vu des différents mots de passe proposés jusqu’a maintenant. Heureusement la porte s’ouvrit sans problèmes. Il pénétra à l’intérieur, referma la porte derrière lui et plongea sous un brancard. Quelques minutes passèrent dans un silence des plus complets quand soudain la porte se rouvrit laissant entrer un grand massif et une jeune femme taillée comme une athlète. Archelaus l’entendit s’adresser au grand baraqué.
- Vous avez une idée pour nous sortir de là ? Ce serait mieux parce que j'ai pas envie de mourir dévorée par des hamsters !
Et Archelaus non plus. Il sortit de sa cachette et s’adressa à eux.
- Mais moi non plus figurez-vous.
Ne voulant pas dévoiler qu’il était au fait le personnage central de toute cette mascarade et de cet envahissement de rongeurs il se tourna vers le grand blond, espérant qu’on ne lui demanderait pas ce qu’il faisait ici.
- Alors ? Vous avez une idée pour nous sortir de là ?
Re: C'est fou ce qu'on peut trouver au détour d'un couloir...
Des hamsters, des hamsters partout, des hamsters qui aller défoncer cette porte pour les manger comme de vulgaires feuilles de salades. Aaron était terrifié, il n'avait jamais put supporter les rongeurs en tout genre mais si les rats et les souris évoquaient chez lui une pointe de dégout, les hamsters eux, le terrifiaient au plus haut point, leurs yeux globuleux emplis de haine et de vengeance, leurs oreilles aux formes démoniaques, leurs dents aussi aiguisées que des rasoirs...en groupe, ils formaient le prédateur ultime de tout être vivant. Ils ne pouvaient être battus, seulement retardés comme lorsqu'il les avaient fait reculer grâce au froid de la mousse de l'extincteur.
Il était terrorisé, ça se voyait sans aucun doute et pourtant la demoiselle qui l'accompagnait, souhaitait s'enquérir de son avis sur les possibles solutions qui leur permettraient de sortir vivant d'ici. Ne se rendait-elle pas compte de la gravité de la situation? Une horde de hamsters, le sommet de l'évolution de la terreur, en voulait à leur vie et elle pensait qu'ils pouvaient s'en sortir? Certainement une crise d'hystérie...ha non, ça c'était lui. Non, elle c'était sans aucun doute son cerveau qui refusait d'accepter que leurs chances de survie étaient proches de zéro, une foutue optimiste qui ne pouvait accepter la mort dignement...Il s'apprêtait donc à lui répondre sèchement lorsque une type bizarre sortit de dessous la table, le chanceux pouvait s'y cacher, et dit à peu près la même chose qu'Aline...tous les membres de l'APO étaient donc des optimistes perverties par la peur de la mort alors que lui se rendait très bien compte de la gravité de la situation et se laisser aller au fol espoir d'une éventuelle survie.
...
Attends...dans un sens, ils ont peut être raison, non? Aaron acceptait enfin que malgré la peur qui le tiraillait, il n'était pas impossible qu'ils puissent s'en sortir, s'ils ne pouvaient sans aucun doute pas tous s'en sortir, le canadien se dit qu'il pourrait toujours échanger sa propre survie en échange de repas que pouvait représenter le nouvel arrivant, après tout les hamsters étaient des êtres démoniaquement intelligents et malgré leur malfaisance ils ne refuseraient pas de recevoir un repas gratuit...mais pour l'instant il ne devait rien faire qui pourrait éveiller les soupçons et lorsque le moment viendrait, il jetterait l'avorton en pâture aux malfaisants cricetinaes qui attendaient derrière la porte. Son plan était machiavélique mais parfois, il faut savoir pervertir son âme pour sa propre survie...et jouer l'idiot congénital pour ne pas éveiller les soupçons.
_Qu'est-ce qu'on va faire? J'en sait rien moi, dit le géant en tombant à genoux dos à la porte, à vrai dire, je crains de ne pouvoir vous aider...je...j'ai une peu bleue des hamsters, depuis toujours...
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Re: C'est fou ce qu'on peut trouver au détour d'un couloir...
Aline regarda son collègue d'un air las. Lui qui frimait à mort à peine dix minutes auparavant, il semblait encore plus dépassé qu'elle par les évènements. Elle chercha des yeux quelque chose qui pourrait lui permettre de barricader la porte. Son regard se posa sur une table en acier. Mais alors qu'elle s'avançait pour la déplacer, un homme sortit soudain de sous cette table. Il se leva tranquillement, comme si c'était tout à fait normal de se cacher sous une table dans une salle d'autopsie. Il ne prit même pas la peine d'expliquer la raison de sa présence et se tourna vers Aaron pour lui poser la même question que la policière. Ne sachant que faire, elle décida de ne pas s'étonner et se tourna à nouveau vers le canadien avec un air interrogatif.
-Qu'est-ce qu'on va faire? J'en sait rien moi, dit le géant en tombant à genoux dos à la porte, à vrai dire, je crains de ne pouvoir vous aider...je...j'ai une peu bleue des hamsters, depuis toujours... balbutia le géant.
Aline resta d'abord muette et impassible, puis elle éclata de rire. Aaron Mc Ekket, le géant canadien de deux mètres de haut, le dragueur, le frimeur qui n'avait peur de rien...avait en fait une peur bleue de petits hamsters. C'était trop, ça ! Au moins, maintenant elle savait un truc énorme sur lui avec lequel elle pourrait le faire chanter à l'occasion. Bon, pour l'instant la priorité restait de se tirer de ce mauvais pas. Aline se força à se calmer et reprit son sérieux.
-Bon, on en reparlera plus tard. Et vous ? Qu'est-ce que vous faisiez là-dessous ?
Re: C'est fou ce qu'on peut trouver au détour d'un couloir...
Etonnant qu'un gros dur s'exprime avec tant de préciosité et de finesse... Archelaus avait souvent des conflits internes avec lui-même, débattant pendant des heures sur ce qui était important au vu de tel ou tel contexte. En l'occurence le débat reposait sur la synthaxe du gros baraqué et non sur le tragique de la situation présente comme ça devrait l'être. Toujours est-il qu'au moment où il entendit Aline rire, il éclata également d'un grand rire tonitruant. S'il y avait bien une chose qu'il avait apprit à l'asile, c'était de toujours rire quand les autres riaient. Peu importe la raison. Rire avec l'autre était une façon de montrer ou tout du moins de faire croire qu'on avait comprit la blague. Mieux encore, qu'on écoutait. Le fait de prendre part à la boutade eut aussi pour effet de le ramener à la réalité. En revanche, la question d'Aline, le stoppa net dans son hilarité. Quelle déveine ! Tomber sur une fille à l'esprit pragmatique ! Il était temps d'improviser une excuse qui tienne la route. Il commença donc d'un ton hésitant, essuyant d'un revert de manche et avec une nonchalence feinte une goutte traîtresse du précieux liquide typiquement anglais qui pendait avec ostentation au coin de sa lèvre.
- Eeeeeeeeeuuuuuuh... Je venais rendre visite à un vieil ami.
Au vu de leurs regards, il comprit vite que ça ne devait pas être si concret comme excuse. Il tenta donc de rapidement noyer le poisson et de parler stratégie.
- Mais parlons de choses plus importantes. Ecoutez, étant donné que c'est une chambre d'autopsie, elle doit être tenue à basse température. J'en déduis donc qu'il doit y avait un système de ventilation quelconque planqué dans un coin. Et dans l'immédiat, je verrais plus cette bouche d'aération comme une porte de sortie potentielle.
Et joignant le geste à la parole, il se mit à la recherche de ladite bouche d'aération.
Re: C'est fou ce qu'on peut trouver au détour d'un couloir...
Bon, bon, bon...Aaron aimait de moins en moins la situation, déjà y avait des hamsters de partout et ça faisait peut même si le partout correspondait uniquement à l'autre côté de la porte blindée. Ensuite il avait du révéler sa phobie des dits hamster à une possible futur conquête, ce qui réduisait méchamment ses chances d'être justement une de ces conquêtes, et à un drôle de type. Après cela, les deux s'étaient foutus de sa gueule en bonne et du forme et si l'envie de leur broyait leurs petits cous de poulets ne lui était pas passé par la tête, étant donné qu'il avait du mal à mal prendre toute remontrance et humiliation à son égard, il n'appréciait guère ces rires à son encontre et l'envie de mettre une bonne baffe lui traversa l'esprit un instant. Pas méchamment non, juste pour arrêter les rires.
Une fois ses envies de frapper passées en même temps que le son cristallin des rires de ses deux compagnons de galère, le canadien se remit à réfléchir à un éventuel moyen de sortir mais le petit homme apparut en dernier et qui semblait cacher quelque chose le prit de vitesse. Enfin, prit de vitesse sa réflexion ce qui, avouons-le, n'était pas un grand exploit.
Le géant l'écouta avec attention et resta figé devant son intelligence et son oubli flagrant du fait qu'il était difficile pour un homme de sa corpulence de passer dans un conduit d'aération ce qu'il tenta de lui faire remarquer subtilement:
_Euh...c'est pas pour jouer les rabats-joies et l'égoïste mais à part si les conduits d'aérations sont fait pour laisser passer des bisons, je suis pas sûr de pouvoir y entrer...
Maintenant y avait plus qu'à espérer que l'humanité de ses comparses prévaudrait sur leur instinct de survie.
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Re: C'est fou ce qu'on peut trouver au détour d'un couloir...
- Eeeeeeeeeuuuuuuh... Je venais rendre visite à un vieil ami. bafouilla ne nouveau-venu en guise d'explication. -Vous vous foutez de moi ?
Un ami dans une salle d'autopsie ? Ou bien ce type était un peu fou, ou bien on était en droit de se poser des questions sur ses orientations sexuelles. Néanmoins, il avait raison. Mieux valait qu'ils sortent d'ici le plus vite possible, et l'unique porte étant leur dernier rempart contre les rongeurs, un conduit de ventilation serait leur meilleure échappatoire. Son salut résidant dans la fuite, Aline imita donc l'inconnu et bougea les meubles à la recherche du conduit. En écartant un gros appareil, elle finit par trouver une grille métallique.
-Là ! Je l'ai trouvé ! signala-t-elle à ses compagnons d'infortune.
Elle enleva la grille, dévoilant un conduit d'environ 50 centimètres sur 50 qui s'nfonçait dans le noir.
_Euh...c'est pas pour jouer les rabats-joies et l'égoïste mais à part si les conduits d'aérations sont fait pour laisser passer des bisons, je suis pas sûr de pouvoir y entrer... dit Aaron.
En effet, si le conduit était juste à la bonne taille pour Aline et l'inconnu, il était trop petit pour laisser passer les épaules massives de Aaron. Le colosse ne pourrait jamais passer par-là...sauf avec beaucoup de vaseline, mais ils n'en avaient pas.
-Ah ouais, ça ça risque de poser problème. Ben écoutez. Vous n'avez qu'à rester là et barricader la porte aussi solidement que possible. Pendant ce temps, moi et...truc...on sort par le conduit et on revient avec des secours. Ca vous convient ?
Elle disait ça, mais quand bien même Aaron ne serait pas d'accord, elle ne resterait pas se faire bouffer par les hamsters pour ses beaux yeux.
Re: C'est fou ce qu'on peut trouver au détour d'un couloir...
Quelle égrillarde cette inspiration ! Elle a décidément cette fâcheuse tendance à vous lâcher quand on a le plus besoin d'elle ! "Un ami"... Archelaus s'immola mentalement, et nota dans un calepin coincé au fond de sa tête (précisément entre l'hypophyse et sa glande de la Folie) de travailler son inspiration. Il y avait tellement d'autres scénarios pour lesquels il aurait pu adopter et pour lesquels il se serait épargné le "Vous vous foutez de moi ?" de la donzelle...
Premièrement, au lieu de la regarder comme deux ronds de flanc il aurait pu dire "Et oui haha ! Elle est bonne non ?"... Mais il n'aurait fait que s'attirer encore plus ses foudres. Prenons alors un autre scénario... Celui de l'attendrissement. "Je venais rendre visite à mon aïeul... Las ! Il a été emporté hier soir dans les bras de nos ancêtres. Je n'aurai jamais l'occasion de lui dire au revoir" Un des patients avait utilisé ça un jour contre lui pour lui prendre les dernières gorgées de son schnaps... Mais ceci est une autre histoire... Version intimidation, ça aurait donné... La même chose... Si ce n'est rajouté que ledit aïeul comptait dans les membres les plus éminents de l'APO avant sa mort prématuré... L'occasion se présentait alors de rajouter des détails forts en émotions fortes et en images trash... Celui de la ruse enfin, consistant à passer pour plus bête qu'on ne l'est "Je me suis perdu"... Ah oui forcément, c'est maintenant qu'il n'en avait plus besoin que les meilleurs scénarios lui venaient en tête... Fichue Inspiration !
- Euh...c'est pas pour jouer les rabats-joies et l'égoïste mais à part si les conduits d'aérations sont fait pour laisser passer des bisons, je suis pas sûr de pouvoir y entrer...
-Ah ouais, ça ça risque de poser problème. Ben écoutez. Vous n'avez qu'à rester là et barricader la porte aussi solidement que possible. Pendant ce temps, moi et...truc...on sort par le conduit et on revient avec des secours. Ca vous convient ?
Archelaus vit vaguement du bout de l’œil qu’on le désignait d’un geste nonchalant avec juste ce qu’il faut de dégout… Quel bonheur de se sentir aimé… Au surnom de "truc" dont on l'affubla, il réagit instinctivement.
-Ah veuillez m’excuser, je ne me suis pas présenté… Je m’appelle Archelaus et c’est un plaisir de vous rencontrer. Dit-il en leur adressant un sourire chaleureux.
Seulement, au vue du regard qu’ils lui décochèrent, il comprit, qu’il avait encore fait une gaffe. A croire que les formules d’hypocrisie de base, avaient encore changées ! … Ou qu’il n’avait tout simplement pas parlé quand c’était son tour, au choix. Archelaus se creusa les méninges, essayant de s’éloigner le plus possible de sa glande de la Folie. Au départ, il avait envisagé l’hypothèse que, en plusieurs morceaux, le gros malabar passerait sans problème… L’ennui étant de le reconstituer par après. Décidément, pas moyen de s’éloigner de cette fichue glande ! L’autre option étant de rester solidaire avec le type délaissé. Oui mais alors, il délaissait la fille… Qui était quand même plus inquiétante… Autant parler franchement, rien ne garantissait que, en partant seule, elle reviendrait… Alors que l’autre n’avait aucune chance d’aller nul part, il était coincé. Aussi coincé que le serait un poussin dans une paille. Et puis, tant qu’a faire, il pourrait lui aussi se tailler discrètement un sachet de poudre d’escampette quand la fille ne regarderait pas.
-Personnellement, je suis pour cette idée là. D’un point de vue strictement logique & totalement objectif, c’est la meilleure option qui s’offre à nous. Et nul doute qu’un gaillard tel que vous trouvera bien de quoi barricader une porte pour empêcher des hamsters d’entrer dans une salle d’autopsie. Allez courage !
Sur-ce et après lui avoir donné une bourrade affective sur l’épaule, il tourna les talons et s’accroupit, près pour une séance de spéléologie, la roche en moins… Sans doute une séance de logie alors...
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