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Addicted to coffee [Yeni]
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Auteur:  Thalek [ Sam 25 Avr 2009 13:51 ]
Sujet du message:  Addicted to coffee [Yeni]

Une fois de plus l'ascenseur ouvrit ses portes. Mais cette fois-ci, ce n'était pas la quatrième fois. Même à neuf heures du matin l'activité frénétique qui régnait au château ne semblait pas vouloir diminuer. Heureusement que les chambres étaient insonorisées. Mais dans l'ensemble on finissait par s'y habituer. Non pas que cela soit fort, mais plutôt...inhabituel. En tant que jeune recrue, la chambre d'Éris se trouvait dans une aile du château où seuls des humains se trouvaient. Mais elle avait eu vent dès les premiers jours qu'au dessus, juste au dessus, à quelques centimètres après le plafond, se trouvaient des sorciers. Oh, pas du genre dangereux ou maléfique, ils travaillaient tout de même pour l'organisation. Mais des novices dont la frénésie pour l'invention n'était pas encore modérée. C'est ainsi par exemple qu'au bout de sa première semaine elle s'était retrouvée avec une tulipe bleue sur le crâne. Ouvrir la fenêtre et se pencher pour admirer le panorama n'est pas une action si sécurisée que ça, surtout lorsqu'on reçoit une bouillie sans nom sur la tête.

Elle était restée sans bouger pendant plus de cinq minutes, essayant de comprendre ce qui lui arrivait. D'une oreille sourde elle avait entendu les excuses de son voisin du dessus, qui apparemment ne savait pas domestiquer les plantes en pot. Il avait vite descendu l'étage, s'était présenté, tout confus, sous le nom de Henzel - un autrichien, mais Éris n'en était pas complètement convaincue - et l'avait emmenée vite fait au niveau -3 pour soins rapides au bureau des accidents techniques. On ne l'appelait pas infirmerie pour des raisons assez diverses, une histoire de personnel soignant.

Éris passa le reste de la journée sous le choc, tandis qu'elle subissait un traitement végétal à base de désherbant riche en vitamine B12. La fleur avait viré au rouge avant de perdre ses pétales. On lui avait ensuite simplement coupé la tige et posé un bandage, le temps que les restes disparaissent. Au moins on ne lui avait pas coupé les cheveux.

Ainsi donc, les sens en éveil au cas où un alien tentaculaire à l'humour non-terrien particulièrement déplacé aurait envie de lui faire un croche-pied, Éris se dirigea vers le buffet de la salle de repas où elle attrapa un pain au chocolat et une tasse de café. Il y avait quelques personnes déjà présentes - des humains pour la plupart - qui avaient l'air plus ou moins réveillés. Parmi les être qui n'avaient techniquement pas besoin de sommeil, ni de nourriture par la même occasion, il y avait ceux qui faisaient semblant d'avoir une vie humaine, buvant une tasse vide et discutant avec quelque ectoplasme et ceux qui étaient déjà au boulot à rouler des mécaniques à une vitesse affolante.

Ne croyez pas que la jeune femme posait sur tout cela un regard morne et désintéressé. Elle avait mis beaucoup de temps pour s'adapter et y croire, tout simplement. Aujourd'hui encore, et pour les mois à venir, elle fixerai d'un œil critique le petit être vert aux yeux globuleux qui croquait dans un os de ses dents pointues en se demandant si tout était vraiment réel. En attendant d'avoir une quelconque confirmation divine, elle se disait qu'il faudrait vivre avec. Elle prit une table un peu isolée et commença son petit déjeuner avec force contentement. La cuisine du château était délectable, il y avait aussi quelque chose de surnaturel dans ce pain au chocolat. Elle n'en mangeait pas beaucoup en Suède. N'étant pas très doués avec le chocolat, ils se contentaient de faire des gâteaux à base de cacao, chose très louable en soi, mais qui limitait pas mal les créations nouvelles.

Une fois la petite gâterie occidentale terminée elle partit chercher un morceau de sucre et le plongea dans le liquide noir encore fumant. Le café c'était sa drogue. Elle ne pouvait pas s'occuper d'un dossier sans qu'on lui donne à côté une tasse du breuvage magique. Si elle avait été plus inconsciente elle aurait demandé qu'on la paye en tasse de café. Travailler au niveau -3 n'était pas de tout repos. Le manque le plus criant était celui de la lumière naturelle, même si les techniciens du bureau de l'éclairage technique faisaient du mieux qu'ils pouvaient - et Éris savait qu'ils en faisaient déjà pas mal (au vu du HandLight 2.1 qu'on lui avait fourni, sorte de gant en velcro auquel étaient fixées de minuscules lampes au bout de chaque doigt, elle en était même persuadée) - mais un bon vieux soleil était irremplaçable. Le café la tenait éveillée, en forme et à l'affut de tout détail intéressant.

Tiens en parlant de lumière, qui donc osait lui cacher le soleil avec son ombre ?

Auteur:  Zed [ Mar 28 Avr 2009 02:51 ]
Sujet du message:  Re: Addicted to coffee [Yeni]

Quand on s'était présenté à sa porte, quand on lui avait froidement expliqué la situation, quand Yeni avait pris conscience de l'autre monde qui existait, pas seulement dans ses plus merveilleux rêves, elle avait hurlé... non, d'abord, elle n'avait pas su quoi dire, c'est en réalisant qu'aucun mot n'exprimerait à sa juste mesure l'excitation qu'elle sentait monter en elle qu'elle avait enfin lâché un YAAAAAAAAWP que même les voisins, distants de près d'un kilomètre, avait dû entendre. Elle portait alors ses jeans de travail, ne s'attendant pas à recevoir de la visite ce jour-là. Tachés d'huile et d'essence, ses vêtements avaient piteuse mine. Dans cette tenue, Yeni n'avait pourtant même pas pris la peine de vérifier l'identité ni l'histoire invraisemblable de la femme qui se trouvait devant elle avant de l'inviter à entrer. Quand on faisait face à l'impensable, mieux valait simplement y prêter foi et agir en conséquence. Elle ne brandit pas son cahier à croquis en s'écriant triomphalement "je savais ça être vrai, je savais!" mais son sourire et ses yeux en disaient aussi long.

Passé le moment de la dégustation à saveur de bonheur, Yeni offrit des biscuits (durs) à son invitée, l'invita à s'asseoir sur le futon (mou) et à boire un petit verre de vodka que la jeune Russe cassa avec fracas au sol une fois vidé, comme le voulait la tradition. Malgré les protestations de l'agente, Yeni empaqueta ses affaires en moins de temps qu'il n'en fallait à un dolothrope pour dévorer un éclat de colère et se déclara prête à partir pour la Roumanie. L'agente n'avait guère eu le choix...

Depuis cinq semaines, Yeni parcourait les couloirs de l'étage que l'on disait presque sans danger pour les agents de premier niveau. Bien que désolée dans un premier temps, Yeni avait rapidement compris que cet étage accueillait tout de même de nombreuses créatures fascinantes. Elle avait même croisé, dès le troisième jour à l'A.P.O, une entité vaguement visqueuse, carrément gélatineuse et tout à fait fascinante. Certains individus avaient démontré un tout relatif agacement en voyant une recrue prendre des notes fiévreuses en les regardant, mais sitôt que quelques-uns lui montraient les crocs, cahier et crayon disparaissaient, accompagnés parfois d'une Yeni empressée vers une nouvelle tâche pressante. Ce qui, bien sûr, ne l'empêchait nullement de revenir à la charge: la base de donnée recelait de grands mystères, mais pas encore en assez grand nombre pour la curiosité insatiable de Yeni. Hélas, ses connaissances en informatique étant plutôt pauvres, elle n'avait pu s'essayer à pirater la base. Peut-être était-ce un bienfait, finalement, songeait Yeni en repensant au monsieur-je-suis-un-génie-et-un-petit-malin dont le corps avait littéralement été aspiré par l'écran après une tentative de piratage.

Peut-être.

Enfin, pour l'heure, la femme avait décidé de se délasser l'esprit après une séance de rattrapage en décryptage particulièrement pénible. Certes, elle avait passé les trois dernières heures derrière un terminal dans la salle d'étude avec elle-même pour seule compagnie, mais certains langages étrangers pouvaient se montrer particulièrement abscons. La salle de repas semblait toute désignée pour un premier arrêt. Après tout, on y servait de quoi se rafraîchir et de quoi se sustenter: que demander de plus? La salle était calme, tranquille, peut-être un peu trop. En arrivant à la table du buffet, elle identifia trois têtes plus ou moins connues auxquelles elle n'avait encore jamais adressé la parole. Elle en choisit une, puis remplit son plateau repas de plusieurs fruits, d'un gros muffin et d'un bol format géant de café. Dès que la tête sélectionnée quitta le buffet pour aller s'asseoir à une table plus éloignée, Yeni la suivit.

Ce ne fut pas la timidité qui la fit hésiter un instant de trop, mais l'entrée dans la salle d'un nouveau point d'intérêt, une tête pas tout à fait humaine. La fille assise devant elle relevait déjà les yeux. Yeni haussa mentalement les épaules, ce serait pour une autre fois.

"Je peux asseoir ici? Mon nom est Yeni."

Impossible de tendre la main avec un plateau repas, mais l'intention était là.

Auteur:  Thalek [ Mer 29 Avr 2009 19:40 ]
Sujet du message:  Re: Addicted to coffee [Yeni]

Éris croisa les jambes. Avec une jupe courte, même noire, elle ne pouvait se permettre de montrer ses dessous, quand bien même une femme se mettrait devant elle, quand bien même il y aurait une table pour la cacher des yeux scrutateurs de certains agents vicieux. Sur son t-shirt tout aussi noir on pouvait lire l'inscription "Everybody Lies". Elle aimait porter des habits avec du texte imprimé dessus, un genre de météo du moral en version psychologique. Au moins ce genre de phrase était un vrai filtre à individus. Elle en avait repoussé plus d'un avec ses "i like girls" ou "Need to Breathe". En tout cas la jeune Yeni, si tel était son nom avait brillamment passé la première épreuve. Ou en tout cas ne se sentait pas concernée...ou peut être aussi n'avait-elle pas vu l'inscription. Car tout accessoire a ses défaut. Comme par exemple le pendentif de Tokyo qu'elle avait finalement ramené et ajouté à sa collection de bijoux. Elle le portait depuis son premier jour dans l'organisation, traversant parfois les couloirs la tête remplie de symboles asiatiques. Elle n'avait d'ailleurs toujours pas trouvé la signification de ce signe. Non pas qu'elle ait cherché comme une forcenée depuis le début, mais aucun dictionnaire de base de japonais ne voulait lui donner une signification claire et précise.

Le soleil revint réchauffer son visage alors que la jeune femme s'asseyait en face d'elle, un petit plateau rempli de bonnes choses. Éris n'avait esquissé qu'un mince sourire, signal d'un consentement pour le moins muet. Elle était d'habitude un peu plus bavarde, mais on pouvait dire que se retrouver brutalement dans un endroit inconnu rempli de gens qui ne lui étaient pas familiers avait le don de la refroidir, socialement parlant. Elle but une gorgée de café. Chaud dedans, chaud dehors. En Suède on n'en avait pas des soleils comme ça, c'était bien dommage. Si elle avait un peu plus de temps libre, elle passerait bien quelques heures à cuire sur la petite terrasse qu'elle avait aperçue depuis la fenêtre de sa chambre. Mais c'était un peu illusoire. Même à cette période, mieux valait profiter de cette chère boule de feu depuis l'intérieur. L'extérieur n'était encore qu'illusion. Perché sur sa colline, le château était souvent traversé de vents divers, et souvent froid pendant une longue période. Rien de mieux pour attraper un rhume carabiné juste avant l'été. Le ciel sans nuages était trompeur. Elle trouva cela finalement avantageux de travailler en sous-sol, au moins on était pas tenté par quoi que ce soit.

Elle tenta de détailler avec discrétion celle avec qui elle partageait une table. Elle ne se rappelait pas vraiment l'avoir vue quelque part. Mais sait-on jamais, il y a tellement de monde à ce niveau, elles avaient bien dû se croiser quelque part au moins une fois. Elle nota un minuscule accent. C'était une fille de l'Est, à n'en pas douter, mais Éris n'était pas spécialisée dans la provenance des gens, elle ne pouvait dire d'où Yeni venait exactement. Mais elle avait un bon anglais. Au moins les humains savent y faire plus ou moins avec les langues. Entendre un Ankirl des Marais vous dire ne serait-ce que "bonjour" avait de quoi vous faire crisser les oreilles tant sa voix était aiguë et cassante. Déjà que leur langage d'origine était une vraie horreur pour les oreilles... On lui avait donné ce genre d'exercice lors de son troisième jours avec peu de mots de vocabulaire pour tester son adaptabilité aux situations incongrues (TASI), qu'elle avait réussi au prix d'une migraine atroce et des oreilles sifflantes.

"Pour moi ce sera Éris, je suis aux archives."

Elle ne pouvait pas se rendre compte d'un possible accent, tant il lui était courant d'utiliser l'anglais. Avec une joie un peu mal maîtrisée elle avait reçue l'autorisation (d'elle même) de ranger le petit guide du "Roumain facile" dans une zone profonde de son armoire. Ici personne ne le parlait, à part peut être les monstres du pays, s'ils était capable de parler. Beaucoup de français et d'allemands bien entendu, mais tout passait par l'anglais.

"On ne peut pas dire que ce soit la joie folle, mais j'apprends pas mal de trucs. C'est fou, j'ai encore du mal à m'y faire complètement."

Son sourire s'élargit. Elle avala une autre gorgée de café puis mordit dans sa viennoiserie. Dans moins d'une heure elle devrait déjà s'enfoncer dans ce fichu ascenseur pour une journée de tri et de lecture. Un peu de compagnie n'était vraiment pas de refus en cette matinée ensoleillée.

Auteur:  Zed [ Mar 19 Mai 2009 04:59 ]
Sujet du message:  Re: Addicted to coffee [Yeni]

[AAAARF quel délai inadmissible, j'essaierai de ne plus recommencer, promis! C'est ça le changement de boulot... Nous disions donc.]

Trois sachets de sucre s'abimèrent dans la mer brune. L'effet dormitif de ses trop courtes nuits, passées à réviser, s'estompa dès la première gorgée de café brûlant. Yeni ne releva le nez de sa tasse format piscine pour farfadets que lorsque le liquide eut fini de lui incendier le palais.

"Oh, archives, ça est... palpitant" fit Yeni après un court temps d'arrêt qui pouvait, avec un peu de chance, passer pour une recherche de mots. Toutefois, la petite grimace de la jeune Russe en disait bien plus long que n'importe quel mot sur sa véritable opinion. Yeni était dans l'action, elle aimait les aventures, un peu l'observation, bien sûr, tant qu'il y avait promesse de découvertes. La lecture, ça allait, l'écriture et le dessin, ça passait encore, mais demeurer des heures enfermé dans une pièce avec du papier et beaucoup de poussière, très peu pour elle. Au moins la terre avait des milliers d'odeurs et ne faisait pas (toujours) éternuer. Elle tourna la tête vers la baie vitrée et sourit au soleil qui lui réchauffait la peau. C'est en reportant son attention sur sa voisine de tablée qu'elle remarqua son observation discrète.

"Je suis Russe, mais j'améliore mon anglais en même temps que Ankirl des Marais" fit-elle en rigolant un peu, ignorant rejoindre les pensées de sa collègue. "Je parle mieux le français" ajouta-t-elle dans la langue de Molière avant de poursuivre en anglais. "je trouve passionnant étudier ici. Tout est vrai, tout ce que j'imagne quand je suis petite!" Un peu plus et elle en battait ouvertement des mains avec l'enthousiasme de la gamine qu'elle n'avait jamais cessé d'être. "J'apprends beaucoup, plus possible avant que rêve se termine, comme toi avec archives, mais moi j'aime créatures."

Elle pointa du doigt le slime qui entrait à l'instant dans la cafétéria. "Comme ça, fascinant je trouve." Un grattement derrière l'oreille droite lui permit de trouver les mots qu'elle cherchait pour exprimer le fond de sa pensée. "Être ici pareil que nuit de beuverie: on voit choses étranges, créatures incroyables et on se réveille pas, on a pas mal de tête et gueule de bois" conclut Yeni, des étoiles dans les yeux. Elle les raviva de trois longues gorgées de café sucré. Ça lui rappelait presque ses longues matinées de flemmardise à la maison de ses parents quand elle observait le zoo désert et le repeuplait de mille et une bestioles, de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, avec crocs, griffes, cornes et moult de bave. Elle se demandait parfois, mais pas longtemps, si l'APO n'avait tout simplement pas surgi de son imagination pour combler un vide dans sa petite vie, chasser le sentiment diffus de ne pas être à la bonne place, dans la mauvaise famille, du côté plat de la réalité. Elle observa Éris, chacun son tour, mais n'ayant jamais été physionomiste, elle n'aurait su lui attribuer un âge, une nationalité, ni même... enfin, l'appartenance à une espèce semblait, dans ce cas-ci, plutôt évidente.

Yeni attrapa sa brioche et entreprit de la dérouler du bout des doigts. Voilà des années que ses parents n'étaient plus là pour lui interdire de jouer avec sa nourriture, elle en profitait donc pleinement. En l'absence de volatiles auxquels jeter quelques miettes, elle engouffra le tout par bouchées généreuses. Tout le sucre étalé sur ses lèvres fut précieusement recueilli par une langue gourmande. Yeni n'hésita pas à se lécher les doigts.

"Il y a secrets intéressants dans archives?"

Les haut-parleurs grésillèrent, mettant en alerte la Russe qui désenchanta rapidement aussitôt qu'ils annoncèrent une rencontre entre agents de terrain (codes d'identification compris entre ABZ27 et MOS41). Pas pour elle, pas encore. Yeni espérait que sa première mission viendrait avant son examen de maniement des armes de poing. Elle avait un peu de mal à se sentir à l'aise avec un magnum plus gros qu'un lance-dards.

Auteur:  Thalek [ Mer 12 Aoû 2009 14:16 ]
Sujet du message:  Re: Addicted to coffee [Yeni]

Snif snif. Odeur. Livre. Vieux. Snif snif. Jeune. Femme. Plusieurs. Snif snif. Autre odeur. Différent. Croissants. Snif snif. Bon. Faim. Là-bas. Gentilles.

"Mais tu arrêtes, oui ! Reste tranquille un peu, tu auras des croquettes un peu plus tard."

Wylp, sentant la sangle autour de son cou se resserrer tandis que son maître tirait sur la laisse se remit dans sa position initiale, lui lança un regard de pitié et posa son museau sur ses pattes avant. Il ferma les yeux et s'endormit d'un demi-sommeil rempli de croissants à la viande goût croquettes. Son maître posa néanmoins une mains affectueuse sur la tête de son animal et se remit à manger avec rapidité. Aujourd'hui c'était rapaces et les vautours géants n'étaient pas patients, surtout le matin. Autant commencer vite et efficacement.
Il ne put s'empêcher de regarder dans la même direction que Wylp. Deux jeunes femmes étaient assises à une table, mangeant et discutant de tout et de rien. D'ici il n'entendait pas ce qu'elles se disaient. Le réfectoire était rempli de bruits de couverts qui s'entrechoquent et de discussions, comme dans tout bon réfectoire. Les agents sont matinaux pour la plupart et même les Nocturnes, depuis la réhabilitation de la salle Lunaire, à l'étage du dessous. Il jeta un coup d'oeil sur l'escalier en colimaçon qui leur donnait accès à cet étage. Lui ne l'avait jamais emprunté et peu de ceux qu'il connaissait avaient réalisé l' "exploit". Son supérieur lui disait souvent que "le matin, les Nocturnes sont bien trop sauvages pour qu'on leur adresse la parole sans manquer de perdre un œil, crois moi petit !".

Éris posa sa tasse sur la table mais garda ses mains autour. La drogue c'est bien mais dans son monde, tout est utilisable. Elle n'avait pas particulièrement froid mais cette douce chaleur, rien que pour ses mains était divine. Surtout après le frisson qui l'avait parcourue en voyant la créature visqueuse que Yeni lui avait montré. Ça, elle ne l'avait jamais rencontré, ni en vrai, ni dans ses rapports. Elle prenait son temps pour trouver ce genre de choses fascinantes. Avant tout c'était le dégoût et la peur. Même si ça ne durait que quelques secondes, ces étapes étaient primordiales.

"Oh...des secrets ?...Je ne sais pas trop...oui, probablement." Elle resta un moment à réfléchir, les yeux dans le vague. "Je n'ai pas encore été confrontée à des secrets mais...plutôt des choses que les gens ne savent pas, même si tout est à leur disposition..."

Un sourire malicieux s'afficha sur son visage. Elle n'allait pas révéler grand chose de ses découvertes et encore moins des horribles choses qu'on tenait enfermées dans la salle des Archives et auxquelles, son supérieur soit loué, elle n'avait pas été confrontées. Les crissements de pages étaient suffisamment désagréable pour ne pas avoir en plus à les subir devant soi. Les papiers normaux contenaient déjà beaucoup d'atrocités et de faits sanglants. Sans parler des descriptions de goules et autre morts-vivants tout à fait moribondes, qu'elle devait incorporer dans des rapports, à deux doigts de tourner de l'œil. Elle soupçonnait M. Tuesli de vouloir la tester en lui faisant lire des textes difficiles. C'était comme à l'armée, mais juste avec sa force mentale. Elle sentait qu'on se rapprochait des bouquins de magie et redoutait le jour où on lui demanderait de rapporter sa baguette magique (chose qui, mis à part dans les livres n'existait à priori pas...non mais c'est vrai, même Yorik, le voisin de Henzel n'en utilisait pas...pas plus qu'Henzel d'ailleurs, en y repensant).

"...beaucoup d'histoires de monstres surtout. Des témoignages, des descriptions, des signalements. Je classe, je range, je repère, je traduis. C'est fastidieux mais j'en apprend tous les jours."

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